Ce mardi 1er août 2026, plus d’une soixante de personnes, Suisses et amis de la Suisse, se sont réunis à la salle des fêtes de Leffonds pour célébrer comme tous les ans leur fête nationale. Une tradition qui remonte à 1291, date à laquelle les représentants des 3 cantons primitifs (Uri, Schwytz et Unterwald) scellèrent une alliance d’entraide et de défense.
Au cours des années 1920 et 1930, plusieurs centaines de familles suisses, principalement originaires des cantons de Fribourg, Vaud, Berne et du Jura, s'installèrent en Haute-Marne. Attirées par les possibilités offertes dans l'agriculture et les laiteries, elles apportèrent avec elles des techniques, une culture du travail et un savoir-faire qui contribuèrent durablement au développement économique du département.
Après la Première Guerre mondiale, la Haute-Marne manque de bras. Les campagnes se dépeuplent et de nombreuses exploitations recherchent des agriculteurs expérimentés. Les fromageries ont également besoin de professionnels capables de développer une production de qualité.
Les agriculteurs et fromagers suisses répondent à cet appel. Leur réputation de sérieux et leurs compétences en élevage laitier et en fabrication du fromage sont rapidement reconnues.
Cette transmission de savoir-faire contribue au développement de la production de fromages dans plusieurs secteurs du plateau de Langres.
En 1938, on comptait environ 940 Suisses dans le département, ce qui en fait l'une des principales communautés étrangères après les Italiens.
Une installation durable
Contrairement à une migration temporaire, beaucoup choisissent de s'établir définitivement. Ils achètent ou exploitent des fermes, créent des familles, participent à la vie des communes et voient leurs enfants grandir dans les écoles haut-marnaises.
« Ils sont venus avec leurs outils, leur expérience et leur volonté de construire une nouvelle vie. En retour, la Haute-Marne leur a offert une terre où leurs enfants et petits-enfants ont écrit une nouvelle page de leur histoire. »
Cette intégration est facilitée par la proximité culturelle et linguistique entre la Suisse romande et la Haute-Marne.
Un héritage toujours vivant
Aujourd'hui encore, de nombreuses familles haut-marnaises portent encore des patronymes d'origine suisse. Leur héritage se retrouve dans les traditions agricoles, dans l'histoire des fruitières et des laiteries, mais aussi dans les liens d'amitié entretenus entre les descendants.
Le repas annuel des familles suisses est l'occasion de transmettre cette mémoire aux nouvelles générations et de rappeler que cette histoire est aussi celle de la Haute-Marne. Sa présidente, Madame Stéphanie Leu, historienne, espère attirer une autre génération de Suisses installés plus récemment dans le département, jeunes retraités ou familles venus goûter à la quiétude du département. Lors de son message d’accueil, elle a tenu à saluer la venue de Théo Caviezel au sein de l’amicale, de Danièle Hard, secrétaire du Consulat général de suisse à Strasbourg et de Maria Silletta, déléguée du Conseil des Suisses à l’Etranger « CSE ».
Le Président de la confédération suisse, Guy Pamelin, est revenu, dans son discours, sur le drame de Crans-Montana et sur l’importance de la solidarité internationale et à ce titre sur la présence de pompiers suisses sur les feux en cours dans toute la France.